Déplacements et esquives

L’utilité des déplacements

Les déplacements sont très utiles au combattant. Ils lui permettent de :

  • Gérer la distance
  • Esquiver les attaques de l’adversaire
  • Entrer dans la bulle de l’adversaire pour le surprendre
  • Briser le rythme et la cadence du combat

Les déplacements doivent être souples, fluides et rapides. Un travail physique rigoureux doit développer le corps pour permettre au combattant de se servir de la force de ses jambes pour couvrir de grandes distances, autant vers l’avant, que vers l’arrière ou sur les côtés. En tout temps, le combattant doit pouvoir prendre une direction imprévisible.

 

Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant

 

Les déplacements doivent se faire en gardant le haut du corps détendu. Le corps doit être centré au niveau du tandem (centre de gravité) avec une contraction des muscles abdominaux tout juste suffisante au maintien de la stabilité. Toute tension inutile peut ralentir les déplacements.

Rôle des déplacements. En défensive, les déplacements permettent de faire échouer les attaques de l’adversaire. Ils permettent également de se positionner dans des endroits stratégiques pour effectuer des contre-attaques efficaces. En attaque, les déplacements offrent la possibilité d’aller chercher la distance voulue pour marquer à la cible.

Le plus important, est que les déplacements soient effectués dans le bon temps.

Exemple: Quand mon adversaire déclenche son attaque, je recule trop tardivement et je me sens débordé. J’ai l’impression d’être toujours « sur les talons ». Lors de l’initiation de l’attaque de mon opposant, je n’ai pas le réflexe de déplacer vers l’arrière.

 Il faut qu’il y ait une transmission rapide de l’information, du regard aux muscles qui effectuent le déplacement. L’exemple précédent démontre l’importance d’avoir une réaction rapide appropriée à l’attaque. Parfois, le combattant moins expérimenté a les deux pieds qui collent au plancher quand il subit une attaque. Il faut créer l’automatisme, où le corps réagit spontanément par un déplacement et que la distance du déplacement soit naturellement ajustée à celle de l’adversaire. Cela nécessite beaucoup de pratique.

 

Photo: Pascal Soucy

 

Il est important de se déplacer en gardant le corps droit et le centre de gravité bas. Il faut que les pieds bougent en premier et non le haut du corps, ce qui évite de créer un déséquilibre et qui permet de faire plusieurs pas sans perdre le contrôle de la distance par rapport à celle de l’adversaire. De plus, en gardant le corps droit, on peut profiter des opportunités de contre-attaques. Par contre, dans certaines situations, on va vouloir briser cette ligne droite pour effectuer des esquives de corps.

Il ne faut jamais faire plus de deux pas en ligne droite vers l’arrière. L’initiative que prend l’adversaire peut facilement nous déborder et nous entraîner vers un jogai ou créer pour l’adversaire, une opportunité de marquer un point. Après deux pas vers l’arrière, il faut favoriser les déplacements latéraux et circulaires.

 

Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant, Danyk Barrette

 

Il faut idéalement reprendre le centre du shiai après des déplacements sur le bord des lignes.

 

Les déplacements et la distance

La distance du déplacement doit être contrôlée en fonction de la contre-attaque prévue et de la stratégie utilisée. Elle doit également tenir compte de l’attaque que l’on reçoit, de la grandeur de l’adversaire et de son allonge. Reculer trop loin, empêche la contre-attaque et ne pas reculer suffisamment nous rend vulnérables. On doit avoir une bonne intuition de la profondeur de l’attaque et s’assurer d’avoir un ajustement continuel à la distance. Il faut également tenir compte du fait qu’une contre-attaque avec une technique de jambe ne requiert pas la même distance de déplacement qu’une contre-attaque de poings.

Il faut faire varier la vitesse de nos déplacements pour briser le rythme dans le combat.

 

Vidéo: Voici un exemple de déplacements en distance longue et de changements de direction durant les déplacements.

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L’esquive

Quand on subit une attaque, on peut esquiver dans différentes directions. Les angles d’esquive possibles sont les suivants :

Figure. Vue de haut de deux adversaires. L’attaquant est en noir. Les flèches indiquent les déplacements possibles pour esquiver l’attaque.

 

Les esquives peuvent se faire avec la même garde ou en changeant de côté. Celles effectuées vers l’arrière sont généralement plus sécuritaires. Les esquives en avançant vers l’adversaire sont plus dangereuses et demandent des notions supplémentaires de rythme et d’anticipation. Entrer dans la technique est une forme d’esquive qui doit être faite avec beaucoup de prudence. Elle doit obligatoirement être accompagnée par une esquive de corps et souvent un blocage. Elle est utilisée dans le but de neutraliser une attaque, parfois dans un endroit où l’option de reculer n’est pas possible, comme dans un coin, ou pour utiliser un balayage. Parfois, c’est pour surprendre l’adversaire et pour se placer en position de force.

 

Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant, Rock Guidon

 

Quand on subit la pression de l’adversaire, les déplacements latéraux doivent débuter à environ un tatami de la ligne du shiai, sinon le risque de jogai augmente. Il faut se permettre une marge de manœuvre pour effectuer un déplacement sécuritaire. À un tatami de la ligne de jogai, il faut prendre une décision sur la meilleure action à prendre. Les différentes options seront exposées ci-dessous.

 

Figure: Vue de haut d’un combattant (en jaune), dans un coin, qui subit la pression d’un adversaire (en noir). Les flèches indiquent les possibilités de déplacements.

 

Description de la figure:

Tu subis de la pression de l’attaquant noir. Tu es dans le coin en jaune. À cette distance de la ligne, tu dois prendre une décision sur la meilleure option à ce moment précis. Si tu recules d’un pas, il sera trop tard pour profiter de toutes les possibilités. La sortie latérale est quand même possible, mais plus risquée, parce qu’il a plus de chance de se faire marquer en étant plus près de l’adversaire et il a les risques de faire un jogai. À ce moment, tu es coincé et obligé d’affronter l’attaque de l’adversaire.

Les flèches indiquent les options de déplacements. Les possibilités sont :

  • Faire un blocage ou esquive de corps, suivi d’une contre-attaque
  • Faire du timing (anticipation) sur place
  • Reculer dans l’espace du coin qu’il nous reste
  • Surprendre l’adversaire par une prise d’initiative vers l’avant
  • Effectuer un déplacement latéral
    • Vers l’autre coin
    • Reprendre le centre
  • Rester sur place pour faire une esquive de corps, puis entrer en corps à corps

 

Vidéo: Voici un exemple de gestion du coin par une prise d’initiative. L’athlète a pris la décision de faire une attaque vers l’avant.

 

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 Vidéo: Jusleen Virk

 

Vidéo: Voici un exemple de gestion de coin par une rotation et un échange de place avec l’adversaire par un corps à corps.

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 Vidéo: Kamille Desjardins

 

Les esquives de corps

Les esquives de corps décrivent un cercle autour du corps. La rotation doit se faire avec souplesse à partir du tronc.


Vidéo: Voici une athlète qui fait une esquive de corps efficace et qui reprend rapidement le centre du shiai.

 

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 Vidéo: Kate Campbell, Vanessa Restrepo

 

La rotation du tronc peut suivre une trajectoire linéaire ou circulaire. Pour reprendre son équilibre, on doit tenter de ramener rapidement son tronc droit une fois l’esquive terminée.

Les esquives doivent être imprévisibles et les changements de position doivent être rapides. Il ne faut pas prendre qu’une seule direction, sinon l’adversaire peut nous suivre trop facilement. Il faut garder les yeux bien ouverts et la garde bien en place.

 

Les esquives de corps sont utiles surtout lorsque:

  • On se fait surprendre par une attaque
  • On veut contre-attaquer plus rapidement
  • l’espace disponible ne permet pas un déplacement arrière ou latéral
  • le but est de rentrer en corps à corps.

 

Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant

 

Il faut apprendre à combiner les déplacements de jambes avec les esquives de corps.

 

Vidéo: voici une athlète qui fait une esquive de corps et qui poursuit avec un balayage.

 

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