Défensive

Le rôle de la défensive

La défensive est une partie très importante du combat. Même si un combattant possède des techniques d’attaque efficaces, il ne pourra pas survivre longtemps à une bataille s’il est incapable de se protéger adéquatement. La défensive permet de faire échouer les tentatives d’agression de l’adversaire, et un combattant ayant une bonne défensive va non seulement neutraliser les attaques de l’adversaire, mais aussi profiter de ses erreurs.

 

L’application de la défensive

Lors de la réception d’une attaque, voici les réponses défensives possibles, avec ou sans contre-attaque subséquente:

  • Faire des déplacements et esquives
  • Bloquer l’attaque
  • Faire du timing (anticipation)
  • Entrer dans l’attaque pour effectuer un corps à corps

On peut s’enlever de la trajectoire de l’attaque par des déplacements ou par des esquives de corps. Cela dépend de l’espace disponible et de la contre-attaque planifiée.

Exemple : Je suis sur le bord de la ligne. Je ne peux plus reculer et il est trop tard pour faire un déplacement latéral. Je peux faire des esquives de corps pour empêcher l’adversaire de marquer un point.

Lorsque les déplacements sont effectués à distance rapprochée, il faut sécuriser sa défensive par des blocages simultanés.

 

Vidéo: voici une athlète qui est prise sur le bord des lignes et qui fait une esquive de corps pour se sortir d’une situation délicate.

 

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La contre-attaque doit être effectuée avec un rythme rapide et le temps entre le blocage/déplacement et la contre-attaque doit être le plus court possible.

 

Vidéo: Voici une contre-attaque rapide et efficace.

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On peut décider de bloquer les attaques de l’adversaire en restant sur place, sans faire d’esquive préalable. Attention aux enchaînements et aux feintes! Quand on reste sur place pour bloquer et contre-attaquer, on est plus à risque de se faire surprendre par des feintes.

Exemple : L’adversaire réalise que je demeure souvent sur place pour bloquer. Il peut effectuer une feinte pour diriger mon blocage et en profiter pour marquer sur une autre cible. En restant dans sa distance d’attaque, je peux me faire déjouer plus facilement.

En défensive, il est très efficace d’utiliser l’anticipation. On doit raffiner notre compréhension du rythme et notre intuition pour détecter les intentions de l’adversaire (cf. anticipation).

 

Options face à une attaque

1. Esquiver à une distance éloignée.

Cette option consiste à laisse mourir l’attaque sans obligatoirement contre-attaquer. Cette stratégie peut avoir plusieurs objectifs:

  • But d’analyse. L’intention peut être d’analyser la vitesse, la distance, l’allonge et le type de techniques effectuées par l’adversaire.
  • But de repos. On peut avoir besoin de reprendre son souffle après des échanges difficiles et la distance éloignée permet de le faire de façon sécuritaire. Cette distance peut également être utile lorsqu’on est victime d’une blessure ou qu’on veuille limiter les dégâts parce que l’adversaire est supérieur.
  • But d’écouler le temps. Cette distance est la plus sécuritaire pour écouler le temps. Par contre, il faut gérer la distance adéquatement pour conserver la sensation du combat et ne pas avoir un avertissement pour refus de combattre.
  • But de briser la confiance de l’adversaire en ses attaques. Le doute peut s’installer dans l’esprit de l’adversaire s’il trouve du vide à chaque fois qu’il attaque. Pour réussir cette stratégie, il faut que les esquives soient faites au bon moment.

 

Photo: Charlotte Boudreau-Drouin

 

On doit faire attention de ne pas travailler trop longtemps en distance éloignée parce qu’on perd un temps précieux et c’est également plus difficile de profiter des opportunités qui s’offrent à nous. Il faut faire attention de ne pas permettre à l’adversaire de prendre le contrôle du rythme et de l’espace du shiai. Il faut toujours faire regretter l’adversaire ses prises d’initiatives et ne pas le laisser s’exprimer en attaque. C’est alors que le doute s’installe dans son esprit et on peut alors prendre l’avantage du combat.

Le moment idéal pour contre-attaquer est le plus tôt possible après la fin de l’attaque de l’adversaire. Les contre-attaques très tardives sont dangereuses parce que l’adversaire est de retour en mode mental de vigilance.

 

2. Esquiver avec un blocage, à une distance de contre-attaque.

  • En distance intermédiaire, il est préférable de faire un blocage avec le déplacement, pour augmenter la sécurité du déplacement. Si le déplacement est tellement bien fait que le blocage n’est pas nécessaire, il faut maintenir la garde haute parce que la distance intermédiaire n’est jamais sans danger.
  • Les angles d’esquives doivent être variés pour demeurer imprévisibles. 

 Photo: Marianne Boulé

 

3. Blocages sur place, sans déplacement ni esquive.

  • Ce type de blocage a pour but de « casser » la technique de l’adversaire.
  • Pour se faire il faut être fort et prêt à affronter la puissance de l’attaque.
  • Le temps entre le blocage et la contre-attaque doit être le plus court possible.
  • Attention aux feintes : En restant sur place, on devient plus vulnérable aux feintes de l’adversaire.


Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant 

 

4. Anticipation

  • Le but est d’intercepter l’adversaire durant son attaque. Cette interception peut se faire à différents moments de la prise d’initiative, mais l’anticipation se concentre sur le moment de la prise de décision et le début de l’action de l’adversaire. Une section du site est réservée à l’anticipation
  • Elle peut se faire:
    • En reculant très légèrementLe mouvement arrière doit être très bref et se faire avant la frappe. Il faut éviter de frapper pendant le déplacement arrière. La frappe doit se faire une fois que le corps est stabilisé pour utiliser l’énergie du sol et propulser la technique vers l’avant. Ce déplacement arrière ne peut se faire que si la technique de l’adversaire est interceptée très tôt, sinon on sera toujours un peu en retard.
    • En restant sur placeC’est souvent une façon idéale de faire de l’anticipation. Dès que l’anticipation est enclenchée, le technique est propulsé pour atteindre l’adversaire le plus tôt possible. 
    • En avançant vers l’attaquantIl faut faire attention pour ne pas être trop collé sur l’adversaire, sinon la technique sera trop courte. Il faut s’assurer de sortir légèrement de l’axe de la technique.


Photo: Gracieuseté de Karaté Québec, photo prise par Alain Mongeau, Carl Rodrigue

 

5. Entrer dans l’attaque en corps à corps

  • Faire échouer l’attaque par une entrée en corps à corps implique que la distance de l’attaque n’est plus adéquate pour marquer un point
  • L’entrée peut être directe, en bloquant les coups, ou en effectuant des esquives de corps. Les esquives de corps peuvent être vers l’arrière ou latérale.
  • Les buts:
    • Faire échouer l’attaque de l’adversaire
    • Faire un balayage
  • Une fois en corps à corps, la réaction de dégagement, de frappe ou de balayage doit être immédiate.

 

Varier nos réponses à l’attaque

Il est important de varier les réponses aux attaques de l’adversaire, pour être imprévisible. Il faut faire varier :

Le rythme : on peut contrer une attaque dès le début de celle-ci, ou le faire lorsque l’attaque est complètement terminée. Tous les temps intermédiaires peuvent être utilisés.

La distance : Il ne faut pas toujours demeurer à la même distance. Il faut être imprévisible dans nos déplacements. Il faut parfois reculer plus loin vers l’arrière, et parfois garder une pression plus serrée vers l’avant.

Les angles d’esquive : Il faut surprendre l’adversaire dans les directions de déplacements et d’esquives. On peut prendre parfois la gauche, parfois la droite. Il est important de pouvoir changer de trajectoire en cours d’un déplacement. On peut faire croire à l’adversaire qu’on se dirige dans une direction pour rapidement bifurquer dans une autre.

Le type de contre-attaque : Il ne faut pas toujours contre-attaquer de la même façon. En variant les contre-attaques, l’adversaire aura plus de difficulté à se protéger pendant ou après ses attaques. Il faut faire des contre-attaques avec les poings, les pieds, des techniques simples ou combinées.

 

Vidéo: Voici un athlète qui fait l’esquive d’un balayage et qui contre-attaque avec un mawashi chudan.

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La première réaction qu’on peut avoir à une action de l’adversaire peut être un déplacement, un blocage ou une frappe par anticipation. La réaction peut débuter au moment de la sensation de la prise de décision de l’attaque de l’adversaire, ou à n’importe quel moment entre le début et la fin de son action.

 

Entre le début et la fin de l’action de l’adversaire, il faut éviter de se compromettre au moment où son action est à sa pleine puissance et à son amplitude maximale.

 

Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant

 

C’est à ce moment que se produisent des techniques simultanées qui rendent le travail de l’arbitre plus difficile et qui laissent la possibilité à l’adversaire de marquer un point.

 

Photo: Gracieuseté M. Dick Grant

 

Voici un schéma démontrant les temps possibles de la contre-attaque. Il faut éviter la période où la technique est à son amplitude maximale. Le meilleur temps pour contrer est le moment de la prise de décision de faire l’action. C’est à ce moment où l’adversaire est le plus vulnérable (cf. anticipation).

 

Schéma: Ligne du temps démontrant la période où les contre-attaques peuvent être effectuées. Le moment qu’il faut éviter est celui indiqué en jaune.

 

 


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