Gestion de l’espace

Gestion de la distance

La gestion de l’espace implique la sensation précise de la distance entre nous et l’adversaire par rapport aux limites du shiai. Cette distance est dynamique et en constant changement. Pour pouvoir prendre les bonnes décisions, il faut que notre cerveau analyse constamment cette distance et qu’il s’y adapte. Voici différentes façons de gérer la distance par rapport à notre « bulle » de sécurité (cf. la bulle du combattant).

 

 

Empêcher l’adversaire d’entrer dans notre bulle. On peut empêcher l’adversaire d’entrer dans notre bulle en conservant une distance constante par nos déplacements. On peut également lancer des techniques sécuritaires qui n’ont pas pour but de marquer, mais plutôt de dissuader l’adversaire de nous attaquer.

 

 

Exemple: Je vois parfois des athlètes qui restent sur place quand l’adversaire déclenche une attaque. Leur réaction est de s’écraser au lieu de reculer. On peut également voir des athlètes qui sont en retard dans leurs déplacements arrières.

Il faut s’entraîner à reculer rapidement vers l’arrière, dès que l’adversaire déclenche son attaque. Il devient alors difficile pour l’adversaire d’atteindre sa cible.

 

Laisser volontairement l’adversaire entrer dans notre bulle. On peut vouloir utiliser une stratégie qui consiste à laisser l’adversaire entrer dans notre bulle et le laisser avoir l’impression qu’il peut nous attaquer. On peut alors le surprendre avec une contre-attaque.

 

Photo: Gracieuseté de M. Dick Grant

 

Réaction adéquate à l’invasion de la bulle. Il ne faut jamais laisser l’adversaire entrer dans notre bulle de sécurité sans avoir une réaction adéquate immédiate. Lorsque l’adversaire peut nous atteindre sans déplacer ses pieds, alors la distance est dangereuse et nous laisse moins de temps pour réagir. À ce moment il faut prendre une décision : frapper ou s’enlever!

Si on décide de ne pas avoir de réaction, ça doit faire partie d’une stratégie qui est prédéterminée pour que l’adversaire attaque et qu’on puisse en profiter par la suite. Ça fait alors partie du plan. Il faut être expérimenté et avoir une bonne défensive pour pouvoir appliquer cette stratégie. Sinon, règle générale, il faut éviter de laisser l’adversaire faire ce qu’il désire dans notre bulle de sécurité.

 

Gestion de la pression

Lorsqu’on parle de la gestion de l’espace, il faut comprendre que cela passe nécessairement par la gestion du rythme. Si notre rythme est beaucoup plus lent que celui de l’adversaire, on pourra facilement se faire déborder par ses déplacements. Si on veut gérer l’espace, il faut que notre rythme soit au moins aussi rapide que celui de l’adversaire.

 

Combattre pour le centre

Le combat est une lutte de territoire. Il ne faut jamais céder un centimètre de tatami à l’adversaire, sans avoir jugé que cela est nécessaire. Je vois parfois des combattants qui commencent le combat en reculant sans même avoir senti la pression de l’adversaire. Je pense que ce n’est pas une bonne attitude parce que c’est un signe de refus de combattre. Si tu décides de reculer, c’est parce que tu penses, qu’à ce moment précis, c’est la meilleure chose à faire. Sinon, tu dois garder la pression vers l’avant et tenter de profiter d’une opportunité. Tu peux décider de reculer pour éviter de te faire marquer ou pour attirer l’adversaire dans un piège, mais tu ne dois jamais reculer seulement parce que tu refuses de combattre (sauf en cas de blessure ou de grande fatigue physique). Les déplacements doivent être concordants avec la stratégie utilisée.

 

Il ne faut pas céder inutilement du terrain à l’adversaire.

 

Le jeu de pression, d’intensité et de rythme varie en fonction du pointage et du temps restant au combat. Il faut être capable de gérer cela en tout temps.

Après des déplacements sur le bord des lignes, il faut toujours tenter de reprendre le centre du shiai, pour regagner de la distance et éviter de se faire déborder.

 

Gestion des coins

On peut se retrouver dans le coin du shiai pour différentes raisons. On peut y être par choix ou par défaut.

– Volontairement, amener l’adversaire dans le coin pour lui faire croire à une fausse vulnérabilité (cf. stratégies et tactiques).

– On peut arriver dans le coin parce que la pression de l’adversaire est trop forte. Le coin devient alors comme une soupape de décompression.

La gestion des coins a été détaillée dans la section sur les déplacements et les esquives (cf. déplacements et esquives).

 

Photo: Karaté Québec, prise par Alain Mongeau, Maxime Montambeault

 

La pénalité jogai

Le jogai est une pénalité de sortie du shiai. Il survient lorsque la pression de l’adversaire dépasse notre capacité à gérer les déplacements. C’est une perte de contrôle en rythme et en gestion de l’espace.

Il faut évidemment éviter de faire des jogais parce qu’ils sont associés à des pénalités. Par contre, parfois il est mieux de faire un jogai que de se faire marquer. Il faut prendre des décisions rapides selon les situations.

Exemple: On peut voir parfois des athlètes qui sont débordés mentalement par leur adversaire. Ils se déplacent sur le bord des lignes et ne tentent jamais de reprendre le centre pour optimiser l’espace. Ils sont toujours sur les talons et ne prennent pas le contrôle du rythme. C’est difficile de gagner le combat dans ces conditions. Si cela vous arrive, augmentez votre intensité mentale et prenez le contrôle du rythme.

 

 

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